Jean ROBIN

lundi 20 novembre 2017

Entrée dans les ordres

Recherche de personne  rentrée dans les ordres (témoignage de Gildas Le Dû CG22) J'ai recherché à diverses reprises ce qu'étaient devenues des personnes entrées dans les ordres...

Parmi les motifs pouvant justifier l'entrée dans les ordres, il y avait notamment la prise en charge de filles de familles désargentées. Dans ce cas, les enfants étaient prises en charge dans des couvents et devenaient parfois novices puis soeurs converses. Il y avait une différence dans les couvents entre les femmes qui y entraient avec dot et celles qui y entraient avec la force de leurs bras. Ces dernières pouvaient s'attendre à contribuer davantage aux tâches ménagères que les premières qui bénéficiaient souvent d'une meilleure éducation et pouvait devenir enseignantes, infirmières, responsables de l'économat.... Les femmes qui entraient avec dot se voyaient donc assurer une certaine position sociale leur vie durant et provenaient de familles plus aisées que la moyenne.
J'ai obtenu des maisons mères de deux communautés les listes des biens constituant la dot, amenés lors de l'entrée au couvent pour l'une de ces soeurs (linge, argent liquide, mais aussi des champs, maisons,...) de vrais mariées... ces biens étaient ensuite loués et permettaient d'assurer un  revenu à la communauté. Les maisons mères possèdent normalement des registres avec la liste des membres de toute la congrégation et leur date d'entrée dans la congrégation, ce registre permet d'avoir ensuite accès aux fiches individuelles de renseignements. Les congrégations sont bien organisées...

Le début du 20è siècle fut pour les ordres une période trouble, avec la séparation de l'église et de l'État en 1905, à ce moment les couvents, monastères... furent vidés de tous leurs biens et les religieuses renvoyées dans leurs foyers familiaux avec interdiction de se réunir à nouveau et leurs biens furent confisqués. Cette époque a provoqué la disparition de nombreux documents qui étaient détruits par les responsables des communautés afin d'éviter que les soeurs puissent être mises sous surveillance. Les communautés s'organisèrent à ce moment pour perdurer mais ce fut avec difficulté, beaucoup de femmes quittèrent définitivement les ordres et restèrent après le retour au calme dans leur famille. D'autres refusèrent de quitter les ordres et certaines partirent à l'étranger en exil.

En dehors des cas de destruction des documents à la séparation de l'église et de l'état, il est souvent possible d'obtenir des fiches ou des
témoignages... auprès des congrégations. Ces informations constituent en effet la mémoire des congrégations, et de ce qu'elles ont fait.

Il faut savoir que les communautés apprécient beaucoup de recevoir des membres des familles d'anciennes membres de leur congrégation, elles accueillent souvent avec plaisir autour d'un verre (sans alcool), elles recherchent parmi les plus anciennes celles qui ont connus les tantes soeurs...